L’immense Henri Beraldi posait dans les premières pages de La Reliure en France au XIXe siècle l’axiome suivant : « La bibliophilie commence à la reliure ». Et l’espiègle romancier Marc Chadourne lui répondait : « Souvent elle s’arrête là. » [1]. Chadourne pressentait qu’au sein de la vaste communauté des bibliolâtres, le groupe très actif des bibliopégimanes gagnait en importance. Nous étions en 1952.

Octobre 2009. Une exposition à l'Impérial Fine Books (Manhattan) revient sur les reliures réalisées à grand frais dans l'entre-deux-guerres et le New York Times vient de lui consacrer un article. Devant le luxe des lourdes reliures parées d'ivoire et de perles, le journaliste s'interroge. Pourquoi le livre luxueusement relié retrouve aujourd'hui un si fertile engouement ?

Les mors sont fermes et sans craquelure, et les tranches dorées sans usures ; ces luxueux ouvrages semblent rarement avoir été manipulés. “Ils ne sont pas vraiment faits pour être lus,” explique le propriétaire de l'Imperial, Bibi Mohamed. “Vous êtes plutôt censés vous installer les admirer.”

Heureusement qu'il reste le Kindle pour les livres qui sont faits pour être lus...

Image ci-dessous : Miniatures peintes par C. B. Currie incrustées dans la couverture d'un livre de l'exposition à l'Imperial Fine Books de Manhattan.

Notes

[1] in Nos amis les livres