La page noire et la bibliophilie de la consternation.
Par Jean-Luc le 29 octobre 2009, 11:27 - Actualité du bibliophile - Lien permanent
La page noire, anomalie typographique imposée par Sterne, fascine encore le bibliophile quelques deux siècles et demi plus tard.

Laurence Stene (1713-1768), célèbre auteur de Tristam Shandy, est un des premiers auteurs anglais à s'être détaché de toutes contraintes littéraires. Liberté vis à vis du lecteur qu'il mène en bateau, liberté sur les genres littéraires mélangeant l'absurde au sérieux, l'intime avec le comique, et liberté encore sur le correcteur typographe en lui imposant des non sens dont la fameuse page noire (la page 73).
Cette mystérieuse page noire, excentricité d'un auteur obligeant des générations d'imprimeurs à noircir une page par divers procédés, est l'objet d'une bibliophilie pointue à laquelle rend hommage une exposition outre Manche, à Shandy Hall exactement. A l'occassion du 250ème anniversaire de l'édition originale, divers artistes détournent la page de Tristam Shandy et leurs oeuvres sont visibles sur ce blog.
Cette bibliophilie de l'excentrique (l'expression est de Daniel Sangsue), qui conduit à collectionner les éditions d'auteurs obligeant les éditeurs à matérialiser l'insolite sur la page, est certainement une des plus amusantes. Parmi les classiques, évoquons la page constituée de tirets dans le Voyage autour de ma chambre de Xavier de Maistre, le chapitre Le Meilleur du livre in Moi-même de Charles Nodier ou le charabia typographique de la Physiologie du mariage de Balzac.
Commentaires
eh ben voilà ! encore un truc que j'ignorais...
20 ans de livres anciens à fureter dans tous les sens à essayer d'être le plus curieux possible et voilà, patatra ! Jean-Luc me brise en deux !
Allez, tiens, j'm'en vais ! (sourire)
B.