Vu du côté suisse, l'avenir de la bibliophilie ne semble pas si différente que du coté français. C'est du moins ce qui ressort de cet intéressant article d'Isabelle Rüf.

Pour Jacques Quentin (libraire-expert à Genève), la librairie est "le fait de gens cultivés, exerçant souvent une profession libérale, avec de bons moyens financiers." Cependant pour Marc Agron Ukaj (libraire à Lausanne), "il existe des collectionneurs modestes, prêts à payer en mensualités une édition rare". Avis partagé par Anne Heilbronn : une clientèle émerge, plus jeune et moins argentée.

Pour Marc Agron Ukal, l'un dans l'autre, la demande des bibliophiles reste la même mais les libraires ont de plus en plus de difficultés à acquérir des livres. Pour les professionnels du livre, une solution est de diversifier leurs activités. Côté acquéreur, Silvio Corsini, responsable du secteur des livres précieux à la bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne, donne son explication : «Le travail de recherche est grandement facilité ; on peut faire des découvertes dans le monde entier, ce qui relativise la rareté de certains livres. Les prix sont plus visibles, mais ils sont aussi fixés de façon fantaisiste, ce qui brouille le marché.»

L'intégralité de l'article est consultable pour une période limitée ici.