L'étude, conduite à l'Université du Nevada sous la direction du sociologue M.D.R. Evans, est en réalité assez complexe. Elle montre que les bibliothèques familiales ont un effet palpable sur le niveau scolaire de l'enfant : "Grandir dans un foyer avec 500 livres donne à l'enfant une avance scolaire de 3,2 années en moyenne sur ceux qui grandissent dans un foyer similaire avec peu ou pas du tout de livres".

Les chercheurs pensent même que ce facteur est un avantage déterminant comparé à d'autres formes d'incitations éducatives. Un enfant d'une famille riche en livres a 19% de chances supplémentaires d'achever un cycle d'études supérieures qu'un enfant ayant un parcours comparable dans un foyer dépourvu de livres. Cet effet varie selon le niveau de vie du pays, la culture ou le régime politique. Ainsi en Chine, un enfant dont les parents possèdent 500 livres poursuivra de 6,6 années supplémentaires en moyenne ses études alors qu'aux États-Unis l'avantage se situera autour de 2,4 années.

Cette recherche très sérieuse a été conduite sur une population de 73000 personnes interrogées sur le nombre de livres dans leur foyer familial lors de leur quatorzième année. La discussion du phénomène donne lieu à diverses hypothèses. Pour Evans et ses collègues, le nombre de livres est un excellent reflet de la "culture érudite" d'une famille qu'ils décrivent comme un mode de vie qui favorise les compétences et les capacités qui sont utiles en milieu scolaire. De plus, la familiarité avec l'objet livre et l'habitude de la lecture auraient tendance à rendre l'école agréable et ludique aux enfants.

L'étude en anglais est téléchargeable en ligne ici (payant, 25 euros), source originale : Miller-McCune. Crédit photo : Etolane.