« Imaginez un ex-libris comme une bague de mariage, une alliance, liant le lecteur au livre, et vice versa. La symbolique ne s'en éloigne pas trop : propriété, possession, désir », écrit Alex Beam. Mais l'ex-libris exprime aussi en retour le désir d'être possédé, d'habiter le livre lui-même : «  Regardez l'ex-libris d'Edith Treuhoff, assise à sa table de lecture, près de la fenêtre, par une journée magnifique . . . à l'intérieur du livre ! Le livre n'est pas qu'un objet, c'est un territoire imaginaire, un monde souvent figuré dans cette collection par des étoiles, ou par la lune. »

On estime le fonds de la bibliothèque de Yale à près d'un million de documents, ce qui en fait une des plus importante au monde. Un fonds composé de collections particulières léguées par de généreux bibliophiles, notamment par ceux qui ont fui la menace allemande durant la IIe Guerre mondiale avec seulement deux valises, dont une remplie de livres. Des livres, et des ex-libris par conséquent. Mais parce que la collection n'a jamais été inventoriée, elle reste inaccessible. « Nous avons une très importante collection, »explique le bibliothécaire responsable des arts Jae Rossman. « Cela va sans doute nous prendre 10 années à la cataloguer. »

A part le petit cercle des bibliothèques et quelques érudits, peu ont donc pu approcher la collection d'ex-libris. La bibliothèque de Yale commence cependant à partager avec le public cette incroyable collection qui compte, par exemple, un curieux ex-libris de Charles de Gaulle où l'on voit la croix de Lorainne écraser et briser la croix gammée.

L'exposition des meilleurs ex-libris de la collection est à visionner ici, un diaporama plus large est à visionner ici.