Actuellement, les libraires italiens sont censés faire valider l’exportation de tous leurs livres publiés avant 1965, sans égard à leur valeur objective, par les instances régionales.

Plusieurs fois éconduit par le ministère de la culture, comme le furent ses prédécesseurs à la direction de l’Alai, l’ex-président s’étonne qu’une telle protection paralyse l’ensemble des libraires de livres anciens italiens tandis que ce même ministère place à la tête de la prestigieuse Biblioteca dei Girolamini, Max De Caro, un protégé du ministre de la culture Lorenzo Ornaghi, et que ce directeur n’a eu de cesse d’organiser le pillage de la bibliothèque publique pour revendre les plus précieux trésors à l’étranger. Aujourd’hui Max de Caro, fort de son expérience de contrebandier du livre ancien, propose d’être rémunéré comme conseil de l’Alai. Quant à l’entourage politique de Lorenzo Ornaghi, pris lui-même dans des trafics et pots de vins liés à la fulgurante prise de marché en Italie groupe géant russe Renova, il semble ne pas devoir être inquiété outre-mesure. On l’aura compris, ce billet d’humeur très amer de Pregliasco décrit une Italie qui préfère se donner l’illusion de la probité en harcelant les libraires par des lois difficilement applicables plutôt que d’interrompre le trafic gouvernemental hors-la-loi. Rarement la parole d’un confrère libraire italien ne s’est exprimée avec une telle franchise désespérée.

Source : Il Giornale Dell'Arte, octobre 2015